mercredi 26 novembre 2014

Quand faut-il agir ?

Avant ou après la naissance ? On ne s’y attend jamais. Une grossesse qui vire au drame à l’échographie parce que bébé souffre d’un sérieux défaut de fabrication.Pourra-t-il parler ? Marcher ? Aller à l’école ? De nombreux futurs parents composent avec ces questions. Les tests prénataux sont devenus si performants qu’ils permettent de détecter avec précision un large éventail d’anomalies fœtales aux noms rébarbatifs : hydronéphrose, hygroma kystique, anencéphalie, cardiopathie, etc... 
L’embêtant, c’est qu’il est impossible de prédire avec justesse quels seront les handicaps de bébé à la naissance – dans le cas d’un hygroma kystique (une masse qui se forme au cou de l'individu), par exemple, la moitié des enfants naîtront normaux. Mais compte tenu de la liste interminable de pathologies génétiques qui y sont associées, la plupart des femmes ne prennent pas le risque de mettre l’enfant au monde. 
Cependant, certaines ne peuvent s'y résigner, comme si, à l'instant où l'idée de l'avortement leur traverse l'esprit, l'enfant se débattait à l'intérieur comme pour dire "Maman, je suis là, je veux vivre !"
Qu’importe la décision – garder bébé ou pas –, en plus d'empêcher une vie, elle change celles des parents.

Outre les cas de malformations physiques, les cas de malformations mentales telles que l'autisme ou les différents types de trisomies sont tout aussi redoutés par les parents. Si des parents acceptent de laisser l'enfant venir au monde malgré tout, c'est en réalité une lourde responsabilité que ceux-ci décident de porter. En effet, ces enfants pour lesquels le sort s'avère être cruel grandiront en vivant avec le regard d'autrui sur eux. Et cela, les parents le savent bien.

" Mais où veut-il en venir bon sang ?! ", êtes-vous en train de vous demander.
Eh bien au ( pas vraiment ) simple fait que ces individus mèneront une vie d'adulte dans un monde avec des personnes sans défaut mental prononcé, et que le regard porté sur eux peuvent les atteindre profondément. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi de montrer 3 extraits d'un film intitulé Sam, je suis Sam, un film des plus touchant racontant la vie de Sam, un homme atteint d'autisme qui un jour devient père de Lucy et, en raison de son défaut, montre quelques difficultés à l'éduquer. Une assistante sociale voudra lui retirer la garde et débute ainsi une lutte d'un père qui s'en veut d'être " différent". Et oui, Sean Penn a bien le principal...

Le premier extrait met en scène les deux personnages, chacun se plaignant sur leur nature. Sam se plaint d'être différent, tandis que l'autre se plaint d'être normal, ce qui fait bien sûr réfléchir.


Voici ensuite un extrait montrant Sam avec Lucy, démontrant l'amour d'un père autiste malgré lui.
Rangez les mouchoirs, voici une scène touchante mais également drôle afin de montrer que les individus atteints de problèmes mentaux de naissance sont avant tout humains, et que même s'ils peuvent paraître bizarre par moments, nous avons les mêmes coeurs, la même couleur de sang.
Cela fait réfléchir sur le fait d'interrompre une grossesse ou non en raison d'un défaut, car l'on voit bien dans ce film, inspiré d'une histoire vraie qui plus est, le regard d'autrui sur ces individus. Ce regard porté sur eux est censé les aider à vivre dans une société qui les accepte, mais la plupart du temps l'inverse se produit, ce qui les pousse à se renfermer.

Un dernier mot : Inutile de préciser que ce film, en plus d'être touchant et bien mis en valeur par le jeu d'acteur incroyable de Sean Penn, demeure dans mes films favoris. Visionnage recommandé de toute urgence.

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